Spiritualité laïque à l'école pour fonder un lien social réel

Aujourd'hui l'école ne sait pas intégrer, ni fonder réellement le lien social, elle fonctionne de manière très classique en créant de l'inclusion et de l'exclusion dans le même mouvement avec autant de violence que de dons. Pour que ce constat cesse d'être aussi sévère, l'école doit refonder ses bases pédagogiques et éthiques sans pour autant avoir besoin de rompre avec les valeurs de la république mais en leur donnant un sens adapté au XXIe siècle.

Pour cela, apprendre à coopérer plutôt que de mettre en avant la culture de la note, du bâton et de la carotte ainsi que de la compétition sur un "marché scolaire" est une nécessité de notre temps. Apprendre à s'approprier réellement toute les dimensions de ce que l'on est passe par l'accueil de la sensibilité et de la créativité en sachant s'en servir comme des atouts plutôt que de se voir presque punir par le système scolaire par manque de stabilité face à la pression.
Redonner sens à des matières comme l'histoire demande des simulations et de la pratique de la coopération, de l'analyse de l'actualité avec une grande part laissé à l'initiative des élèves qui font le cours accompagné par le professeur (-coach).
Apprendre vraiment à critiquer l'actualité demande aussi une immense responsabilité de l'élève et un accompagnement collectif qui passe par la culture du débat : pas un combat d'idées mais un véritable débat qui passe par des recherches, de la réflexion et le partage de ses résultats dans un débat coopératif visant à faire avancer le lien social.
Le lien au corps et aux émotions est aussi très important : être cartésien ou scientifique n'est pas opposé au rejet des pratiques de méditation laïque et leur enseignement comme hygiène de vie, l'auto-médecine via des méthodes naturelles et validées par la médecine. Comme l'a dit Evelyn Martini dans son livre "L'école a t-elle un cœur?", savoir redonner de la force à l'attention est devenue un vrai défi aujourd'hui et menace dangereusement la santé des prochaines générations, quel autre rempart que l'école si vous ne trouvez pas cela ailleurs ?
Enfin, apprendre l'accueil de l'autre et l'empathie face à la souffrance qui commence par une vrai formation aux premiers secours mais va beaucoup plus loin comme discréditer une bonne fois pour le harcèlement et la manipulation morale. Nous devons faire un pas de plus dans la construction d'une intelligence collective à un niveau national sinon l'intégrisme saura toujours mieux unir avec sa logique de l'ami/ennemi.

Proposé par Amaury Franssen dans Education et formation Dans 8 programmes
  • 19/12/2016 23:49  

    Cela manque de concrets, mais c'est terriblement vrai.
    Je sais que je suis vieux jeux, mais on pourrait recommencer les cours de moral en les axant sur la bienveillance, l'éthique, la fraternité.
    Il y a temps à faire pour créer l'école d'aujourd'hui...

    • 01/02/2017 23:35

      Bonjour Didier,
      Je partage votre enthousiasme pour la fraternité, la paix.... mais ce que je veux dire aussi en employant "spiritualité laique" est que justement il ne s'agit surtout pas de faire un cours de moral classique. Là, il s'agit de poser un cadre positif et incitatif et d'animer des groupes d'élèves, de donner des projets aux élèves, d'apprendre régulièrement la pratique de la communication non-violente, de savoir comment vraiment prendre soin de sa santé et celle des autres et aussi de leur faire rencontrer la réalité du monde de "dehors", pas seulement en l'observant mais en s'y immergeant, il s'agit de se transformer soi-même avec les autres pour bâtir durablement des habitudes. Les cours seraient juste là pour la petite partie consacré à l'acquisition des connaissances en sachant que le plus important au XXIe siècle est de savoir les trouver par soi-même et en faire des critiques collectives et débattues, pas individualistes.

    • 09/02/2017 23:17

      Merci Amaury pour tous ces détails.
      Je ne regrette pas d'avoir ajouté votre proposition à mon programme.

  • 20/12/2016 11:29  

    C'est bien beau comme discours, mais dans la vie, cela leur servira plus de savoir compter ou d'écrire français correctement...

    • 20/12/2016 20:49

      On veut pas non plus d'une France d'assistés !

    • 01/02/2017 23:28

      Johanna, je n'ai jamais dit que cela devait remplacer le fait de savoir compter et écrire. Je vois plutôt cela comme la base de la base: savoir compter et écrire ne sert pas à grand chose si nous ne savons pas utiliser ces compétences collectivement à travers une vrai coopération. Ce que je veux dire c'est que coopérer s'apprend, il ne suffit pas de jouer à un sport collectif ou de faire un projet collectif, là nous devons aller plus loin. Et il est clair que c'est au stade du discours, je n'ai pas le temps mais je rêverai d'écrire des propositions concrètes enracinées dans la réalité de l'école pour en déduire de vrais actions pratiques.

  • 20/12/2016 12:03  

    Je suis d'accord dans le principe.
    Comment pouvons-nous vouloir améliorer notre humanité, si nous n'apprenons pas aux enfants le vivre-ensemble, l'éducation à la paix et la citoyenneté ? Ces choses là s'apprennent et beaucoup d'école font le premier pas (notamment L'école des Colibris aux Amanins).
    Ces élèves suivent le programme de l'éducation nationale et apprennent parallèlement ces principes. Ce sont des enfants bienveillants et épanouies, qui ont bien plus de recul que certain adulte lors des conflits ou encore sur le principe de fraternité !

    Ps : Johanna, comme le disent beaucoup de professeur de français ou de mathématique, auparavant il y avait beaucoup plus d'heures (le nombre a été divisé par 3 depuis 50 ans, ce qui explique la baisse du niveau des élèves...

    Mais si on croit que l'école doit servir qu'à n'être "employable", nous allons droit dans le mur.

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