La création d'un Revenu Universel d'Existence digne de ce nom, mis en place progressivement

Les emplois salariés disparaissent. Les effets de la transition fulgurante sont déjà bien visibles. De plus en plus des algorithmes, des automatismes, des robots sont en passe de se substituer au travail humain. Les heures de travail nécessaires baissent de manière continue. Du coup il faut trouver le moyen de découpler les revenus du travail. La déclaration universelle des droits de l'homme prévoit que chaque être humain doit légitimement disposer d'un travail lui assurant un revenu décent. Comme cela devient mission impossible il faut inventer autre chose.
Le Revenu Universel d'Existence a cette ambition de permettre à chacune et chacun de vivre sans être constamment sous la menace de tomber dans la misère et le rejet. Ceci est possible si on imagine de trouver les ressources nécessaires là où elles se trouvent. Les personnes immensément riches vont devoir y contribuer, un revenu maximum d'existence doit être imaginer en symétrie. C'est pour chaque individu la possibilité de faire des projets, de casser le mur du lendemain, je veux dire de briser l'angoisse de trouver au jour le jour de quoi survivre. Ce qui interdit toute vision d'avenir. Des essais menés au Canada, en Finlande, etc., mais aussi en Aquitaine, sont en train de mettre en évidence que les bénéficiaires bien loin de vivre de l'assistance publique, se remobilisent et inventent, osent, bref deviennent actifs et utiles pour la sociétés. Il faut "Pour en finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté" (Éditions ATD Quart Monde), la pauvreté ne se mérite pas ! Et il dépend que de nous de viser à l'éradiquer. Cette idée fait son chemin, elle bouscule les idées reçues et notre habituelle vision de choses, mais pour s'en sortir il faudra sortir du cadre, faire un pas de côté et redécouvrir des moyens nouveaux pour restaurer durablement le vivre ensemble !

Proposé par Jean Duverger dans Affaire sociale et solidarité Dans 8 programmes
  • 01/02/2017 22:36  

    Sur le principe, pourquoi pas, mais concrètement, cela se passe comment ?
    Comment on le finance ? Qui touche quoi ?
    Cela remplace toutes les allocations existantes ? Ce qui serait plus égalitaire, mais moins équitable...
    On en entend beaucoup parler, mais on n'y comprends pas grand chose...

    • 01/02/2017 22:52

      Il y a encore beaucoup à faire pour en préciser les contours. Le R.U.E. ce peut être un solde de tout compte d'un montant assez faible, où un complément significatif pour permettre une vie décente. L'éventail va de 600 €, le RSA actuel à 1000 € juste en dessous du seuil de pauvreté. Cela dépend de l'objectif visé. Pour le financer, plusieurs pistes. Une taxe minime 0,01 % sur toutes les transactions financières, la fin de l'évasion fiscale, une imposition progressive, une imposition sur les successions, bref, la volonté politique de faire donne les moyens de faire. Un numéro du 1, cette semaine, lui est consacré...

  • 02/02/2017 01:40  

    Je suis d'accord sur l'idée, mais le débat est relativement complexe. Il suffit de voir comment les différents candidats aux primaires et à la présidentielle l'ont abordé pour voir que derrière une idée commune on a de nombreuses divergences.

    Je vous invite à lire les commentaires à ce message pour un ensemble de problèmes/remarques que soulève le RUE

    • 02/02/2017 01:41

      Car d'un point de vu social, il y a déjà plusieurs questions qui se posent :
      - L'aide n'appelle-t-elle pas à l'assistanat et l'oisiveté ? Personnellement je ne le pense pas, les multiples tests prouvant l'inverse.

      Avoir une garantie, même faible, réduit l'aversion au risque puisqu'en cas d'échec, il reste un petit quelque chose le temps de rebondir.

      S'il n'y a pas de substitution RUE / Salaire, alors il n'existe pas d'arbitrage tel qu'on peut le voir. Aujourd'hui, certaines personnes préfèrent gagner un peu moins au chômage et s'épanouir autrement plutôt que de trimer toute la semaine dans un job peu passionnant (Et je vous parle d'amis fiers de profiter d'encore plus de 700 jours de Pôle Emploi).

      Ainsi, une personne qui travaille gagnera son salaire en plus de cette somme, sans risque inhérent à un quelconque seuil.

    • 02/02/2017 01:43

      - Qui aurait le droit à l'aide ? Citoyens français ? Etrangers en situation régulière ? Résidents permanents ? Expatriés ?
      Des conditions supplémentaires de "devoir de citoyen" ? (A comprendre l'exercice obligatoire du devoir de vote)
      Peut-il être suspendu pour des délinquants ? Reversé à l'administration carcérale quand la personne est emprisonnée (Pour couvrir les frais de fonctiomment), ou purement et simplement supprimé pour des criminels (Le climat actuel fait penser aux français partis en Syrie, par exemple) ?
      Personnellement, je penche pour un RUE en contrepartie de l'exercice de ses droits (devoirs) civiques. Car il est important de s'exprimer même si c'est choisir de ne pas choisir. (Là encore, reste à voir les "malus" qui s'appliqueraient).

    • 02/02/2017 01:45

      - L'égalité est-elle meilleure que l'équité ? Le RUE, dans le cas où il remplace tout ou partie des aides actuelles peut desservir aux plus nécessiteux.

      Faut-il prévoir des régimes spécifiques pour les handicaps lourds ?
      Plus encore, même si c'est totalement logique sur le principe d'égalité, un SDF toucherait autant qu'un PDG du CAC40 ? Cela peut être mal reçu par certaines personnes

    • 02/02/2017 01:46

      Il faut alors s'interroger sur la partie fiscale :
      - Le RUE est-il imposable ? Car un certain nombre de revenus le sont (chômage, retraites, etc).

      - Faut-il prévoir un système de redistribution pour ceux qui n'en ont pas besoin (déductibilité à 100% d'un don à certains types d'associations dans la limite du RUE ?)
      Thomas Piketty souligne l'aberration de vouloir verser un RUE à une personne pour le lui récupérer sous forme d'impôt. Ici, le reversement au bon vouloir du contribuable rendrait l'action neutre lorsqu'il estime qu'il n'en a pas la nécessité ? De plus le choix des entités éligibles aux dons permettrait d'axer le développement vers certains domaines de l'économie sociale et solidaire, non ?

    • 02/02/2017 01:48

      Economiquement, d'autres points sont à soulever :

      - Le principe de RUE remet en cause les concepts de destruction créatrice et de déversement d'emplois de Schumpeter (Le progrès technique et l'innovation détruit des emplois peu qualifiés au profit d'emplois dans d'autres secteurs ou demandant des qualifications supérieures).

      - Il remet aussi en cause le concept de capabilité d'Amartya Sen (égalité des possibilités).

      Finalement, il s'agit d'un retour au principe de justice très libéral développé par John Rawls, non ?

      - Un peu anecdotique, mais comment réagiraient les acteurs à un tel changement ? Les offreurs n'augmenteraient-ils pas mécaniquement leurs prix ? (Pourquoi louer un appartement 300€ si on sait que toute personne touche 500€ de RUE par exemple ?)

    • 02/02/2017 01:50

      Enfin, comment le financer ?
      - Faut-il remplacer le système social existant ? (Les minimas sociaux et le chômage paraissent logique au moins en partie, mais il parait inapproprié de supprimer les droits à la retraite d'une génération tout comme supprimer les accès à la santé)

      - Comment mettre en place un impôt juste et suffisant sans peser abusivement sur un catégorie ? (Attractivité de la Bourse Parisienne déjà moindre que Francfort, compétitivité des entreprises, pouvoir d'achat des particuliers , ...) N'oublions pas que le but n'est pas de déshabiller Paul pour habiller Jacques.

      - Enfin, comment pérenniser le système pour éviter les effets de ciseaux (tel que notre système de retraite actuel) ou de se reposer sur des produits relativement exceptionnels/instables ?


      Merci de m'avoir lu. Il s'agit d'un ensemble de questions que j'explore. Je serai ravi d'avoir vos avis sur ces différents points.

  • 09/02/2017 23:28  

    Clément fait de bonnes remarques. Il serait intéressant de trouver un fin connaisseur du revenu universelle pour lui répondre car ces réponses m'intéresses...

  • 11/02/2017 15:28  

    Et on finance comment de manière très précise ?
    Car les pourfendeurs de ce revenue sont souvent incapables de nous expliquer son financement de manière précise.

  • 13/03/2017 23:48  

    avec une taxe équitable de deux pour mille sur toutes les transactions bancaires

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